Un séjour du Tai Ji Wu Shu club en Chine…

Du 2 au 13 juillet, nous, quelques disciples des Tai Ji Wu Shu clubs de Tahiti et de Grenoble, avons suivi notre jeune et dynamique Maître Sylvain Wen sur les traces de ses propres maîtres et ancêtres en Chine.

C’est ainsi que nous Patrick, Marie-Laure, Michel, Anne-Marie, David, Moana, Ivan, Sylvain, nous sommes rejoints à Beijing (Pékin), en provenance de destinations aussi différentes que Tahiti, Hawai’i, Lyon ou Grenoble. Après avoir récupéré nos bagages et avoir dégusté une succulente soupe chinoise offerte au restaurant de l’aéroport par le meilleur ami de Sylvain (les prémices des futurs délicieux et copieux repas), nous avons rejoint Taiyuan par avion et véhicule.
Nous avons ainsi pu admirer les paysages de la campagne du Shanxi, au SW de Beijing, mais aussi ressentir quelques effrois en voyant comment les gens conduisent là-bas, slalomant entre les voitures, les tricycles à moteurs et autres camions, traversant les grandes voies sans se préoccuper vraiment de ce qui vient en face !
Notre première destination de séjour a donc été Taigu, ville minière et industrielle. L’accueil chez le vénérable et toujours jeune Maître Song Guang Hua, bien qu’âgé de 76 ans, a été extrêmement chaleureux et nous avons été hébergés dans sa belle vieille maison, dont le décor a fait penser à ceux des films comme « Hero ».

Maître Song Guang Hua est de la deuxième génération du Xing yi quan style Song, un des rares grands maîtres de cette génération encore vivant. Les fondateurs de ce style ont été son grand–oncle Song Shi Rong, son grand-père Song Shi De, et son père Song Tie Lin. Le Xing yi quan style Song est connu par son Qi gong, les quatre canoniques d’énergie interne, qui protége la santé du corps, est source de longévité et a une très grande efficacité pour le combat.
Par exemple le grand Maître Song Tie Ling (1885-1978) est un expert en Qi gong à la fois dans la médecine chinoise et en combat ; sa biographie figure d’ailleurs dans le grand dictionnaire d’arts martiaux chinois.
Le Xing yi quan style Song se compose d’enchaînements : ceux des cinq éléments, des douze animaux et de nombreux autres enchaînements avec armes, des exercices à deux, de Qi gong, etc.
Quelques visites des villages sous un ciel plombé des poussières industrielles et du loess, amenés par le vent, nous ont permis de connaître la Chine campagnarde. Nous avons aussi ressenti quelques moments d’émotion intense, notamment lors de la cérémonie d’intronisation de Maître Wen, disciple de grand Maître Song Guang Hua, élevé à la troisième génération du Xing yi quan style Song.
Nous avons eu l’immense privilège d’assister à cette cérémonie de même qu’à de prestigieuses démonstrations d’arts martiaux, du style Xing yi quan, dans la cour de la demeure de Maître Song.

Une visite a été organisée à Pingyao, ville millénaire fortifiée, classée « Patrimoine mondial de l’humanité » par l’UNESCO, et renfermant des dizaines de lieux superbes (temples, musées). Sylvain a aussi connu les joies des retrouvailles avec sa très grande famille qui lui a fait une fête grandiose et inoubliable au village !

La deuxième étape a été de rejoindre Cangzhou, dans la province du Hebei, en avion jusqu’à Beijing puis en voiture, pour aller rendre visite au grand Maître Guo Rui Xiang, âgé de 73 ans, et un des dix plus grands maîtres d’arts martiaux chinois.
Maître Guo Rui Xiang est l’un des rares neuvième duan en Chine, spécialiste du Tong bei, Pi kua et Mia dao, et il préside l’association Tong Pei Pi kua et Mia dao du Hebei, en Chine. L’accueil a été aussi chaleureux et nous nous sommes finalement partout sentis comme faisant partie de leurs familles.
Le grand Maître Guo a annoncé que, après une réunion de l’association Ton pei, Pi kua et Miao dao de la province de Hebei en Chine, Maître Sylvain Wen a été élu vice-président de cette très grande association et nommé « représentant du Tong pei, Pi kua et Mia Dao pour la France et l’Outre-mer ». Lors d’une cérémonie un certificat a été remis à Maître Wen, ce fut donc un second honneur que notre cher Maître a reçu. Autre instant très émouvant : les retrouvailles de Sylvain avec un vieil homme de 103 ans, mais paraissant étonnamment bien plus jeune et qui fut le « nounou » de son Papa. Ce vieux monsieur était dans l’hôpital de Taigu qu’avait dirigé le grand-père de Sylvain. Nous avons ensuite pu visiter la « Cité des acrobates » à Wu Qiao, le berceau du acrobatie chinois, où nous avons pu admirer de fabuleux spectacles.

Chacun de ces séjours a fait l’objet de délicieux et gargantuesques repas arrosés de « baijyo », l’alcool fort de 57° que les chinois ont l’habitude de boire « cul-sec » et qui a parfois laissé nos hommes « sur le tapis ». Nous aussi avons mis de l’ambiance, dansant des tamoure endiablés, ce qui nous a valu d’être filmés, et même de passer à la télé locale de Sanxi et dans les journaux de Chine !...

La troisième étape de notre séjour en Chine fut enfin Beijing, où nous avons rencontré le grand Maître Feng Zhi Qiang, un « jeune homme » espiègle de 80 ans, souple et enjoué. Maître Feng Zhi Qiang, huitième duan, fut le premier Maître de tai ji quan style Chen de Sylvain Wen. Nous avons été hébergés dans un magnifique hôtel à deux pas de la place Tian’anmen et de la sublime Cité Interdite, que nous avons visitées, sous plus de 40° C l’ombre, de même que le Temple du Ciel et le Palais d’Eté, où nous avons vu des gens se rassembler pour chanter, et avons vogué sur le beau lac embrumé de « l’Eternel Printemps ».
Nous avons eu le plaisir d’assister à une représentation de l’Opéra de Pékin, de parcourir les ruelles des Hutong de Beijing en cyclo-pousse et rencontrer une famille pékinoise. La visite aurait été incomplète si nous n’avions pas vu le Tombeau des Ming et fait notre montée à la Grande Muraille de Chine, dans le secteur de Jia Yu Guan, qui a procuré quelques frayeurs à certains d’entre nous.

Plein d’images et d’émotions dans la tête, nous nous sommes séparés à l’aéroport de Beijing, puis retrouvés (sauf les disciples de métropole) le lundi soir à l’entraînement de tai ji quan à Papeete.
Un grand « mauruuru » ou « xie xie » à notre Maître de nous avoir permis de vivre des moments aussi intenses et riches en rencontres !

Les membres des Tai Ji Wu Shu clubs de Tahiti et Grenoble